mercredi 25 mars 2015

Les chansons en patois de Lille sous le second empire

Pierre Pierrard a consacré sa thèse de doctorat en histoire à la "Vie ouvrière à Lille sous le second empire" (1965). Dans le prolongement de cette thèse, il a étudié "les chansons en patois de Lille sous le second empire" [16]. C'est cette étude qui nous intéresse dans cet article.
Au-delà de l'intérêt linguistique, l'analyse des textes nous révèle la vie rude des habitants des quartiers populaires.


Le 19e siècle a en effet connu un engouement extraordinaire pour le patois de Lille et a donné lieu à une profusion de chansons en patois. Ces chansons étaient préparées en vue du carnaval qui était, à l'époque, un événement considérable.

Pierre Pierrard a recensé plus de 900 de ces chansons et une trentaine d'auteurs parmi lesquels : Louis Debuire Dubuc, Charles Decottignies (sans lien de parenté avec Brûle-Maison), Victor Aubert, Jules Fouque, Théodore Cordonnier ... La majorité des auteurs était originaire du quartier de St Sauveur.
Ces chansons étaient créées et chantées par des sociétés à boire aux noms imagés et évocateurs (les amis des grands-gosiers, les enfants de Bacchus, les bons buveurs, les cœurs triomphants, les jobards réunis, les amis de la raie mouchetée ... ) qui se réunissaient dans des estaminets des quartiers populaires (St Sauveur, Moulins, Fives, Wazemmes).
Elles se présentaient sous une forme stéréotypée : feuille in 4°, le titre (parfois manquant) avec l'indication chanson nouvelle en patois de Lille chantée par la société X réunie à l'estaminet Y, et comportait généralement 6 couplets, parfois plus.

Une partie de ces textes ont été heureusement numérisés et sont accessibles sur le site Gallica. En voici un exemple :

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire